Anne-Marie Lizin livre une courte analyse de la révolution égyptienne. (12/04/2011)

"L'Egypte, pendant ces trois jours, m'a paru en pleine ébullition, trois mois après le début de sa révolution. Non seulement, la demande de se séparer de l'ancien régime est manifeste et répétée, mais la recherche d'une vraie amélioration des conditions de vie et de salaires est la base de cette révolution. Vers quel système va s'orienter cette nouvelle Egypte? Un modèle de type américain où tous les contrats de travail sont à court terme, parfois bien payés, parfois mal? Ou va-t-elle, au contraire, vers un système européen de régulation des salaires, avec un salaire minimum décent et une discussion pluriannuelle des augmentations salariales, via des conventions collectives? La question est à peine posée clairement et pourtant c'est bien de cela dont il est question pour l'avenir du monde arabe et sa sortie de la pauvreté. Les européens, et en partiuclier les syndicalistes, doivent rapidement fournir aux leaders de cette jeunesse des débats et des occasions d'échanger sur ces matières. L'organisation mondiale du travail et le fonds social européen doivent être les promoteurs des vrais contacts et discussions utiles dans la situation actuelle. Un vrai système tripartite peut créer l'équilibre social en Egypte, qui se retrouve aujourd'hui, à défaut de vrais syndicats libres, face à des demandes disparates d'augmentations parfois impossibles à satisfaire et qui n'a pas une vue globale du chemin à accomplir. Le désenchantemement social ou une réponse "à l'américaine" (en termes sociaux s'entend) serait la pire des réponses. Il y a un rôle urgent pour l'Europe dans ces révolutions."
Anne-Marie Lizin, au Caire - 11/4/2011.

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